Malus écologique 2026 : barème, seuils et exonérations

Le malus écologique 2026 se durcit sur deux fronts : le seuil de déclenchement du malus CO2 descend de 113 à 108 g/km et le plafond grimpe de 70 000 à 80 000 euros, atteint dès 192 g/km. Le malus au poids s’applique désormais dès 1 500 kg. Détail des barèmes, des exonérations et des pièges à éviter.
Ce qui change au 1er janvier 2026
La loi de finances a programmé un durcissement progressif de la fiscalité automobile jusqu’en 2028. L’année 2026 marque une étape sévère, avec deux curseurs déplacés simultanément sur le malus CO2.
Le seuil de déclenchement passe de 113 à 108 g/km de CO2 en norme WLTP. Cinq grammes d’écart peuvent sembler anecdotiques. Sauf que cette fenêtre englobe une bonne partie des citadines essence du marché : selon une étude du cabinet Dataneo relayée par L’argus en 2025, 72 % des véhicules neufs sont touchés par le malus en 2026.
Le plafond suit la même pente. Il culmine à 80 000 euros dès 192 g/km, contre 70 000 euros à partir de 193 g/km en 2025. Et la trajectoire ne s’arrête pas là : le montant maximal doit atteindre 100 000 euros en 2028, d’après L’argus, 2025.
Trois évolutions à retenir pour cette année :
- Seuil de déclenchement du malus CO2 abaissé à 108 g/km (50 euros à ce niveau)
- Plafond porté à 80 000 euros, atteint dès 192 g/km
- Malus masse déclenché dès 1 500 kg au lieu de 1 600 kg
Ces montants s’ajoutent au prix de la carte grise lors de la première immatriculation. Pour anticiper la facture complète, consultez notre guide sur le calcul du prix de la carte grise.
Malus CO2 2026 : le barème en détail
La taxe se calcule gramme par gramme, sur le taux d’émission inscrit en rubrique V7 de la carte grise. La progression n’a rien de linéaire : douce sur les premiers grammes, elle devient brutale au-delà de 130 g/km.
Les paliers représentatifs du barème WLTP
Voici les montants publiés par Service-Public.gouv.fr pour une première immatriculation en 2026 :
| Émissions de CO2 (g/km) | Malus 2026 | Rappel 2025 |
|---|---|---|
| 107 et moins | 0 € | 0 € |
| 108 | 50 € | 0 € |
| 113 | 170 € | 50 € |
| 120 | 310 € | 210 € |
| 130 | 983 € | 540 € |
| 140 | 2 205 € | 1 504 € |
| 150 | 4 279 € | 3 119 € |
| 160 | 8 770 € | 5 715 € |
| 175 | 32 935 € | 22 380 € |
| 192 et plus | 80 000 € | 67 467 € |
L’écart entre les deux années frappe surtout la zone intermédiaire. À 130 g/km, la taxe augmente de 82 % en un an. À 118 g/km, un modèle passe de 170 à 260 euros, soit une hausse de 53 %, d’après le comparatif publié par L’argus.
Deux exemples concrets sur des citadines populaires
Les best-sellers du marché français n’échappent plus à la taxe. La Renault Clio 6 en version 1.2 TCe de 115 ch rejette 114 g/km : elle écope de 190 euros de malus en 2026, alors qu’elle serait passée entre les mailles du filet un an plus tôt, selon L’argus, 2025.
Même logique pour la Peugeot 208 essence de 100 ch, créditée de 118 g/km. Sa taxe passe de 170 euros en 2025 à 260 euros en 2026. Rien de rédhibitoire sur une citadine, mais le signal est clair : la zone sans malus se réduit chaque année, et les acheteurs de SUV thermiques familiaux encaissent des montants à quatre chiffres.
Véhicules sans réception européenne : la puissance fiscale fait foi
Un véhicule qui n’a pas fait l’objet d’une homologation communautaire, cas typique d’une importation hors Union européenne, se voit taxé sur sa puissance administrative et non sur ses émissions. Le barème 2026 démarre à 500 euros pour les premières tranches de chevaux fiscaux et grimpe par paliers jusqu’à 80 000 euros, indique Service-Public.gouv.fr.
Malus masse 2026 : le seuil tombe à 1 500 kg
Depuis 2022, une seconde taxe s’ajoute au malus CO2 : la taxe sur la masse en ordre de marche. En 2026, son seuil de déclenchement descend de 1 600 à 1 500 kg, une bascule qui fait entrer de nombreux SUV compacts et berlines familiales dans le champ de la taxe.
Le tarif reste progressif par tranche de poids, selon le barème détaillé par L’argus :
- 10 euros par kg excédentaire entre 1 500 et 1 699 kg
- 15 euros par kg entre 1 700 et 1 799 kg
- 20 euros par kg entre 1 800 et 1 899 kg
- 25 euros par kg entre 1 900 et 1 999 kg
- 30 euros par kg au-delà de 2 000 kg
Exemple : un SUV thermique de 1 750 kg paye 10 euros sur 199 kg (tranche 1 500-1 699), puis 15 euros sur les 51 kg suivants, soit 1 990 + 765 = 2 755 euros de malus masse, en plus du malus CO2.
Les véhicules électriques et à hydrogène restent exonérés de cette taxe au poids. Les hybrides rechargeables et micro-hybrides conservent un abattement sur leur masse taxable, ce qui neutralise souvent la taxe malgré le poids des batteries. Point de vigilance signalé par L’argus : le projet de loi de finances 2026 prévoit de supprimer le plafonnement du cumul des deux malus, qui limitait jusqu’ici la facture totale au montant maximal du malus CO2.
Qui échappe au malus écologique en 2026 ?
Le législateur a prévu des exonérations totales et des réductions ciblées. Elles se demandent lors de l’immatriculation, justificatifs à l’appui.
Les exonérations totales
Trois catégories de véhicules ou d’acheteurs ne payent aucun malus CO2, d’après Service-Public.gouv.fr :
- Les véhicules électriques ou hydrogène, par nature sous le seuil d’émission
- Les véhicules accessibles en fauteuil roulant
- Les véhicules acquis par une personne titulaire d’une carte mobilité inclusion mention invalidité, ou par le parent d’un enfant à charge titulaire de cette carte, dans la limite d’un véhicule par bénéficiaire, location longue durée comprise
Pour l’invalidité, joignez une copie de la carte à la demande de certificat d’immatriculation : la taxe ne sera pas ajoutée au coût de la carte grise.
Les réductions sur le montant
Plusieurs dispositifs réduisent la note sans l’annuler :
- Famille nombreuse : les foyers avec au moins 3 enfants à charge bénéficient d’une minoration du taux de CO2 retenu, sur demande après l’immatriculation.
- Superéthanol E85 : abattement de 40 % sur les émissions retenues, sauf si le véhicule dépasse 250 g/km. Service-Public.gouv.fr cite un cas parlant : un modèle E85 à 180 g/km est taxé comme s’il émettait 108 g, soit 50 euros au lieu de 45 990 euros.
- Personnes morales : les véhicules d’au moins 8 places détenus par une société profitent d’une réduction de 90 g/km sur le taux retenu en 2026, non cumulable avec la réduction famille nombreuse.
- Véhicules d’occasion : une décote d’ancienneté s’applique, de l’ordre de 1 % par mois depuis la première immatriculation.
Si vous hésitez encore sur la motorisation, notre comparatif voiture neuve ou occasion met en balance fiscalité, décote et budget d’usage.
Occasion et importation : comment le malus s’applique
Une voiture d’occasion achetée en France ne repaye pas le malus : la taxe a déjà été acquittée lors de la première immatriculation. La situation change pour un véhicule importé, immatriculé pour la première fois sur le territoire français.
Dans ce cas, le barème appliqué est celui en vigueur à la date de la première immatriculation à l’étranger, puis la décote d’ancienneté vient réduire le montant. Service-Public.gouv.fr donne l’exemple d’un utilitaire immatriculé en octobre 2025, transformé en véhicule de tourisme en juillet 2026 : 9 mois d’ancienneté, donc 9 % de réduction sur un malus de 4 026 euros, soit 3 663,66 euros dus.
Trois vérifications s’imposent avant d’importer :
- Relever le taux de CO2 exact sur le certificat de conformité européen (COC)
- Identifier l’année de première immatriculation, qui détermine le barème applicable
- Calculer la décote d’ancienneté au mois près pour estimer la taxe réelle
Un modèle allemand affiché 3 000 euros moins cher qu’en France peut perdre tout son intérêt une fois le malus intégré. Le comparateur de voiture neuve aide à confronter le prix France remise déduite au prix import taxes comprises.
Réduire ou éviter le malus : les leviers réels
Face à un barème qui se resserre, quelques stratégies conservent une vraie efficacité. Aucune ne relève de l’astuce grise : toutes découlent du fonctionnement même de la taxe.
Choisir la bonne motorisation reste le levier principal. Sous 108 g/km, la taxe est nulle : la plupart des hybrides classiques, la quasi-totalité des hybrides rechargeables et toutes les électriques passent sous le radar. Sur les thermiques, la version d’entrée de gamme émet souvent moins que les finitions lourdes en équipements et en jantes larges, qui alourdissent le véhicule et augmentent les émissions homologuées.
Le calendrier joue aussi. Le barème applicable dépend de la date de première immatriculation, pas de la date de commande. Un véhicule commandé fin 2026 mais immatriculé en janvier 2027 subira le barème 2027, plus dur. À l’inverse, immatriculer avant le 31 décembre fige le barème de l’année en cours.
Autre piste : la location longue durée ne fait pas disparaître la taxe, elle la dilue dans les loyers. Le loueur paye le malus à l’immatriculation et le répercute. Comparer un achat comptant et un contrat de location exige donc d’intégrer ce coût caché, détaillé dans notre analyse des différences entre LOA et LLD.
Enfin, l’occasion française récente reste l’échappatoire la plus simple : malus déjà payé par le premier propriétaire, décote véhicule en prime. Un modèle de 12 à 24 mois combine barème acquitté et perte de valeur absorbée par un autre.
Ce que la trajectoire 2027-2028 annonce
Le durcissement de 2026 n’est pas un pic, c’est une marche. La loi de finances a déjà gravé la suite : le seuil de déclenchement continuera de baisser et le plafond du malus CO2 atteindra 100 000 euros en 2028, selon L’argus, 2025. La suppression envisagée du plafonnement du cumul CO2 + masse pourrait même porter certaines factures au-delà de ce montant.
Concrètement, un véhicule thermique qui frôle le seuil aujourd’hui sera taxé demain. Les acheteurs qui gardent leur voiture 8 à 10 ans ont donc intérêt à raisonner sur la fiscalité du cycle complet, revente incluse : un modèle fortement malussé à l’achat se revend plus difficilement sur un marché où l’acheteur suivant anticipe des restrictions de circulation.
Prochaine étape avant de signer un bon de commande : vérifier la valeur V7 de la carte grise ou du certificat de conformité, la masse en ordre de marche, puis additionner malus CO2, malus masse et carte grise. Cette somme, calculable en dix minutes, pèse parfois plusieurs milliers d’euros sur le budget final.